L'attrait

Nous venons de quitter New York après y avoir passé près d'une semaine, et chaque fois que j'y retourne, même après toutes ces années d'absence, la même pensée, pourtant irréalisable, me traverse l'esprit : je pourrais revivre ici.

Je ne sais pas vraiment quel charme exerce cette ville. Peut-être est-ce ses habitants, son histoire, sa culture, ou encore le fait que chaque pâté de maisons semble receler une histoire. Je n'arrive jamais vraiment à mettre des mots sur cette attraction. Je sais juste que je la ressens.

Ou peut-être est-ce le rythme. On y marche plus vite sans même s’en rendre compte. Le trottoir vous emporte. Au bout d’une journée, on ne remarque plus le bruit ; dès qu’on part, il nous manque. Il y a quelque chose d’authentique dans un endroit qui ne prétend jamais être calme.

Nous vivions ici en 2019, quand Liam n’avait que deux ans. Il ne se souviendra ni de l’appartement, ni du long hiver, ni du parc où nous allions à pied presque tous les week-ends. Mais j’aime à penser que cette ville est restée gravée en lui, cachée dans un petit coin de son esprit. Cette fois-ci, j’ai pu le voir la redécouvrir.

Je l'ai emmené dans plusieurs endroits, mais c'est Times Square qui l'a littéralement cloué sur place. Il a levé les yeux vers les lumières, les écrans et la foule qui se déplaçait dans tous les sens. J'ai posé ma main sur son épaule et je l'ai laissé s'imprégner de tout ce spectacle. J'étais tellement heureuse d'être à ses côtés.

Le reste de la semaine, on s'est contentés de se promener. On a trop mangé et on a laissé les journées s'étirer plus longtemps que prévu. Liam posait des questions sur tout. Je répondais à ce que je pouvais, et quand je ne pouvais pas, on… cherchait sur Google.

Bien sûr, rien n’est parfait. Il y a des déchets dans les rues. Il y a des odeurs qui ne devraient jamais se mélanger. On attend trop longtemps pour avoir une table et on paie trop cher pour trop peu. Rien de tout cela n’est facile. Rien de tout cela n’est agréable. Et pourtant, on en demande toujours plus. Et pourtant, je me surprends à compter les années jusqu’à ce qu’on puisse revenir pour de bon.

C'est ça qui est étrange. Sept ans se sont écoulés, et la ville ne m'a pas oubliée. Elle vous laisse partir, mais d'une manière ou d'une autre, elle vous garde une place. Vous descendez du train, vous regardez autour de vous, et vous avez l'impression de ne jamais être vraiment parti.

Avez-vous un endroit comme ça, un endroit qui ne cesse de vous attirer, peu importe depuis combien de temps vous en êtes parti ?

Andreea Mitro écrit des essais sur la maternité et le sentiment d'appartenance, aux côtés de son fils. Son premier roman, *ROU*, dont l'action se déroule pendant la révolution roumaine de décembre 1989, paraîtra prochainement.

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